04/05/2012

=> Fragment du flanc d'une pirogue - YAMI de Botel Tobago ou Lan Yu

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FRAGMENT du flanc d'une pirogue, bois gravé de motifs géométriques et anthropomorphes, traces de pigments de couleur.
Nom vernaculaire: -
Ethnie: Yami 
Pays: Taïwan / Formose (Ile de Lan Yu / Botel-Tobago)
Dimension: ~ 181 / 23 cm
Matériau: bois, traces de polychromie

Collection: sanza 

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Les Yami vivent dans la petite île de Lan yu (Botel Tobago) environ 45 km2 située au sud-est des côtes de Taiwan (Formose). "L’île des Hommes", pungsu nu Tau, est l’appellation initiale de Lan Yu (ou Ile aux Orchidées ou Botel Tobago) en langue tau (ou tao, tawo, dawu ou encore yami). 
Aujourd'hui ils constituent la dernière des neuf ethnies aborigènes de Taiwan à résister au monde moderne. Ils sont encore près de trois mille répartis en six villages sur l'île aux Orchidées. Les Yamis partagent leur vie entre la chasse et la pêche. Certains jours sont réservés à la chasse où ils traquent le sanglier des montagnes. Ces hommes ont mis au point l'un des modèles de bateaux les plus remarquables parmi les nombreux types d'embarcations du Pacifique.

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Les plumes noires ornant la croix de la proue des canoës symbolisent le poisson volant.
Photo: Eric Pasquier
Réf.: Mer et Océan / 1995 - n° 4 / p. 45

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"Very Humble", is how this gentle Yami couple characterize their people.

Photo: Chang Shuhua

Réf.: National Geographic / 1977 - Vol. 151, n° 1 / p. 106 & 107

Ils ont subi de relativement peu d'influences extérieures: chinoises et occidentales. Il semblerait que, contrairement aux autres tribus aborigènes, peuplant Taiwan, qui s'adonnaient elles à la chasse aux têtes comme preuve du passage à la puberté et à l'aptitude au mariage, l'existence des Yami soit rebelle à toute forme de cruauté ou de violence.
Quoique reliés linguistiquement aux aborigènes de Taiwan, les Yami partagent toute fois des affinités culturelles avec les habitants des îles de Batan, où ils vivaient il y a environ dix siècles, et les tribus montagnardes du Nord de Luzon. Entre autre, la croyance dans les esprits malins appelés "anito" qui menacent continuellement leur existence. Ce sont donc contre ces esprits maléfiques que les Yami essayent de se défendre en portant sur eux leurs armes. Cette lutte contre les esprits du mal, le culte des ancêtres et les rites funèbres sont les thèmes essentiels de la religion Yami.

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After building a seaworthy wooden boat with but a few primitive tools and no glue or nails, Yami tribespeople participate in a festive boat-launching ceremony.

Réf.: Free China Review / 1992 - Vol. 42, n° 6 / p. 101

La vie sociale et économique des yami s'articule essentiellement sur les associations de pêche qui consistent idéalement en une réunion de six à dix hommes en général du même lignage. Chacune de ces associations a son propre bateau (de plus ou moins 5 m de long et pouvant peser près de 300 kilos) utilisé de février à juin pour la pêche des poissons volants. Tous les membres de l'association se partagent les prises, qu'ils aient ou non participé à l'expédition de pêche.
Les bateaux Yami sont gravés de motifs géométriques, ceux-ci étant peints avec des pigments rouges (latérite naturelle des montagnes), blancs (les femmes concassent les coquillages pour les brûler. Leurs  cendres mouillées d'eau de mer donnent la couleur blanche) et noirs (à partir des dépôts de fumée sur les poteries utilisées pour la cuisine). Leur construction et leur décoration demandent près de  trois mois de travail. Sa décoration est l'occasion de festivités importantes,: quarante-cinq cochons, dont vingt fournis par le propriétaire et le reste par le village, sont sacrifiés.
Chaque extrémité s'orne de plumes, évoquant l'ambiguité du poisson volant, mi-amphibien, mi-oiseau. On y remarque aussi un motif fait de cercles concentriques entourés par des petits triangles pouvant représenter un soleil stylisé "mata no tatala" qui combat les mauvais esprits, ou l'oeil du bateau qui surveille la mer.
Sur les parties latérales sont gravés des motifs décoratifs distinctifs qui identifient le village et l'association qui pilote le bateau. Ces motifs fixent aussi par la même occasion le territoire de pêche reservé à cette association. La violation de ce territoire pouvant devenir la cause de violants conflits.
La seule représentation antropomorphe que l'on retrouve aussi bien sur les flancs que sur la proue et la poupe est celle de "magamaog" (ancêtre bienveillant) héros qui apprit aux Yami à construire un bateau mais aussi l'agriculture.
Ces motifs représentant "magamaog" apparaissent dans d'autres contextes de la culture Yami, par exemple: piliers de maisons, staffs de cérémonie... ce qui suggère que la protection demandée à "magamaog" n'est pas seulement réservée aux activités de la pêche.
Son intervention est aussi demandée par la communauté quand celle-ci se considère comme vulnérable face aux "anito". Ce qui permet par des rites et exorcismes d'éloigner les mauvais esprits pendant les activités et cérémonies qui rythment la vie des Yami.

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A Yami tribesman from Lanyu (Orchid Island) straddles two of the handmade boats for which the islanders are justly famous.

Photo: Yeh Ming-yuan

Réf.: Free China Review / 1992 - Vol. 42, n° 6 / p. 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

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Sailing in the wake of their past, Yami fishermen of Lan Yu (Orchid Island) put out to sea in a elaborate ceremonial canoe.
Photo: Chang Shuhua
Réf.: National Geographic / 1977 - Vol. 151, n° 1 / p. 98 & 99

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Gens de l'Île aux Orchidées, vers 1931.
Réf.: http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Ponso_no_Tao.jpg