25/12/2011

=> Stèle de tombe - Sumba / Indonésie

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FRAGMENT d'une STELE de TOMBE (penji) en pierre volcanique
L: 43 cm
Indonésie (Sumba)

Fragment d'une stèle de tombe en pierre volcanique ravinée et friable d'environ 10 cm d'épaisseur, sculptée de deux chevaux affrontés et sur l'autre face d'un homme entre deux chevaux.
De tout temps à Sumba des stèles ont été érigées sur les tombes des nobles. On retrouve encore à Sumba des tombes monumentales, anciennes de plusieurs centaines d'années. Ce sont d'énormes dalles de plusieurs tonnes sculptées de motifs simples et puissants.
Sur ces stèles, toutes sortes d'ornements et d'animaux et plus particulièrement le cheval sont représentés. Ils symbolisent le haut rang social de la personne décédée.

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Sumba est une des îles de la Sonde qui appartient à la sphère de la culture mégalithique dongsonnienne, dont les mégalithes peuvent être comparés à ceux de Nias par leur beauté, alors que ses tissus "ikat" aux couleurs superbes et au symbolisme remarquable restent inégalés.

De nombreuses légendes relatent l'arrivée des Sumbanais venus de "l'autre côté de l'Inde", à travers le détroit de Malacca vers Java et Bali. Au 16e siècle, les Portugais établissent un comptoir fortifié sur la côte est de l'île. Mais ce n'est pas avant le début du 20e siècle que les Hollandais mettent en place une véritable structure coloniale à Sumba. Le culte des ancêtres, ou "Merapu", est à la base de la religion indigène prédominante à Sumba. Car la principale fonction de tout Sumbanais est d'honorer et de se concilier les esprits des ancêtres, Ces êtres tout-puissants responsables en grande partie de la santé et des récoltes de leurs descendants. Ici, les gens croient qu'un mort emporte toutes ses possessions avec lui. Ainsi pendant les funérailles, on tue du bétail, des chevaux, des buffles et des cochons.

Sumba est un île constituée par une succession de collines volcaniques entrecoupées de plateaux herbeux. Cela a favorisé l'élevage des chevaux introduits par les Portugais. Ils tinrent de tout temps un rôle important dans l'économie, dans les fêtes et les échanges commerciaux.

Pendant longtemps la richesse de l'île reposa sur l'exploitation du bois de santal et des chevaux, troqués par les Portugais contre des porcelaines chinoises. Les Hollandais s'acquittaient en numé-raire, procurant aux insulaires l'or dont leur île était dépourvue, avec les Indiens contre des perles de couleur, avec les Javanais et les Sumatrais contre de l'ivoire, des bijoux, des armes de métal. C'est par ces échanges, que l'orfèverie de Sumba a joué un rôle historique.

A Sumba, la position sociale et la richesse sont largement héréditaires, suivant un schéma de clans de type féodal et patrilinère. Tout en haut de la hiérarchie les nobles ou "Raja", tout en bas les esclaves ou "Ata", le gros de la population étant les hommes libres des fermiers. Ces nobles ont été longtemps responsables des guerres clani-ques, il fallait retourner au village avec un maximum de têtes qu'on accrochait aux branches d'un arbre sacré, "arbre à crânes ou andung". Pour venger un meurtre, il fallait au moins huit crânes dont chacun repésentait l'une des étapes de la migration des ancêtres vers Sumba. De nos jours la chasse aux têtes ayant disparu, des combats rituels à cheval "pasola" remplacent les guerres incessantes que se livraient depuis toujours les nobles de l'île.

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Sur les monuments en pierre, sont représentés toutes sortes de biens symbolisant le haut statut social des nobles. On distingue ici nettement deux mamuli (boucles d'oreilles) et des chevaux.

Photo: Kon. Inst. v.d. Tropen, Amsterdam

Réf.: Rodgers S. / L'Or des Iles / Musée Barbier-Mueller - Genéve / 1986 / p. 176