17/01/2008

ART TRIBAL DE L'HIMALAYA - MUSIQUE luth sgra snyan - collection


Collection de luths (sgra-snyan ) du Népal

LA MUSIQUE DANS L'ART POPULAIRE DE L'HIMALAYA

Au Népal dans les hautes vallées comme dans les basses terres du Téraï, la musique occupe une place importante dans la vie quotidienne. Des musiciens accompagnent toujours les processions, les cérémonies religieuses, les fêtes populaires, les mariages, les funérailles.
Les "gâine" ou "gaïné", musiciens-mendiants et leurs vièles "sarangi", et les "badi", musiciens-danseurs, ainsi que les "damâi" ou "damaï", tailleurs-musiciens, appartenant à la caste des intouchables, parcourent la montagne de village en village et chantent des complaintes tels nos ménestrels du Moyen-Age.
Les danses masquées et le théâtre sont aussi accompagnés par des choeurs et des orchestres.
Outre le "dhyangro", tambour chamanique du "jhankri", qui rythme plus spécifiquement la transe, il existe le tambourin portable très commun: le "madal" ainsi que d'autres instruments non figuratifs tels que les cymbales, les trompettes, les flûtes et les hautbois.

On trouve dans la bordure nord de l'Himalaya (Bouthan, Thibet, Ladakh et nord du Népal) un luth à quatre (cinq) cordes, appelé "sgra-snyan" en thibétain (voir les photos ci-après). La partie basse de l'instrument est évidée et la caisse de résonance est recouverte par une peau animale. Le chevillier est décoré par une sculpture anthropomorphe ou animale, ou encore le visage du Bouddha ou d'un Bodhisattva.

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"Avec cet  instrument à cordes, "dramyen", les hommes jouent le soir près du feu ou rythment les rondes, les jours de fêtes dans la région de Dolpo au Népal".
Réf.: Jest C. / Une vallée dans l'Himalaya  / Seuil - Paris  / 1974 / p.95

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LUTH (cordophone)
Nom vernaculaire: sgra-snyan / dramyen
Ethnie: Bhotya ?
Pays: Népal
Dimension: 56 cm
Matériau: bois, peau

Ce genre d'instrument (luth) se retrouve de part et d'autre de la chaîne himalayenne, du Ladakh au Bouthan, aussi bien que dans la "région autonome" du Tibet (Thibet). Les cordophones étant exclus de la tradition musicale du boudhisme tibétain, il n'apparait que dans la musique populaire. 
Le sgra-snyan est un instrument à quatre (parfois cinq) cordes pincées montées sur une petite caisse de résonance en bois aux contours ajourés, recouverte d'une peau de chèvre, prolongée par un manche au chevillier recourbé, à tête d'Hayagriva (Divinité masculine farouche dans le panthéon des dieux tibétains). Les chevilles sont latérales.
Sur le manche de celui-ci, est gravé, un dieu du tantrisme tibétain et sur la caisse de résonance les douze mois de l'année tibétaine.
Au Tibet, comme en Chine et au Japon, les années sont comptées d'après un cycle de soixante ans (depuis 1027 après J.-C.). Le cycle combine les douze animaux: rat (souris), buffle (boeuf), tigre (chat), lièvre, dragon (grand serpent), serpent (petit serpent), cheval, chèvre (mouton), singe, coq (oiseau), chien et cochon, avec dix signes: les cinq éléments, bois, feu, terre, fer et eau, divisés chacun en mâle et femelle (le XVIIe cycle de soixante ans va de 1987 à 2047). L'année est divisée en douze mois lunaires de trente jours (trois cent soixante jours) qui sont simplement numérotés de un à douze, les jours portent le nom des plantes. Pour faire coïncider ce calendrier lunaire théorique avec le vrai calendrier lunaire qui ne comporte que trois cent cinquante-quatre jours, on supprime certains jours. Pour faire coïncider le calendrier lunaire et le calendrier solaire (trois cent soixante-cinq jours un quart), un mois intercalaire est introduit tous les trois ans, rétablissant ainsi le parallélisme avec le cycle solaire, mais cette introduction n'a pas de règle fixe, on double n'importe quel mois qui est considéré comme particulièrement bénéfique.
L'almanach préparé par le Lama est fait de pages de six ou huit cases avec un chiffre dans chaque case représentant le jour du mois. Certains jours peuvent être néfastes, ils sont alors supprimés dans le calendrier, le chiffre n'est pas indiqué et est remplacé par le mot "ché". Certains jours particulièrement fastes peuvent être doublés. Le nouvel-an des paysans, "sonam losar", se place au solstice d'hiver, alors que le nouvel-an tibétain, le nouvel-an du roi, "gyalpo losar", se situe un mois plus tard, à la mi-février.

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"C'est aussi pendant l'hiver que Phurwa, de Chumaga, fabrique, les luths. La caisse en noyer des vallées du Sud est  tendue d'une peau de mouton".
Réf.: Jest C. / Une vallée dans l'Himalaya / Seuil - Paris /1974 /p.54

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1 - Joueur de luth, détail d'une fresque du monastère d'Hémis (Ladakh)
Photo sanza - 1977
2 - Réf.: Géo Magazine / n° 250 - 1999 / p. 26

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Réf.: Géo Magazine / n° 188 - 1994 / p. 21

 


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Luth - H: 48 cm (Collection Piet van Boxel - Den Haag)

 



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Luth - H: 63 cm (Collection Piet van Boxel - Den Haag)

 



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Luth - H: 60 cm (Collection Piet van Boxel - Den Haag)

 


 

15:32 Écrit par sanza dans Art Premier | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : nepal, musique, asiesarangi, luth |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Very beautifull photos excellent and high quality collection...
Salut
Gian Marco Matteuzzi

Écrit par : gian marco matteuzzi | 18/01/2008

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